On prend les mêmes,
on recommence et vu l’inconséquence
théâtrale actuelle,
on fait venir des cinéastes
Tous nos espoirs reposent pour cette édition 2009 du Festival d’Avignon sur les épaules de Krzysztof Warlikowski. Le seul artiste qui donne envie dans cette programmation que nous découvrons. En effet, la lecture du programme laisse une nouvelle fois perplexe les festivaliers que nous sommes.
Outre l’affiche qui figure sur la première page de couverture et qui est bien sûr dans le ton glauque de ces dernières années, les spectacles annoncés nous laissent déjà parcourir par des frissons d’ennuis et d’angoisse. On prend les mêmes et on recommence. L’inusable Jan Fabre va encore nous abreuver de sa terrible marmelade sanguinolente et inconséquente et ce malgré le rejet viscéral que sa personne suscite auprès de la population de la Cité des Papes. Dont acte. Vincent Baudriller fait preuve d’un entêtement remarquable dans sa fidélité à cet artiste dont nous connaissons déjà par cœur l’univers. Rien de nouveau sous le soleil de ce côté là. A éviter donc.
Laissons à Wajdi Mouawad le bénéfice du doute avant de découvrir ses spectacles dans la Cour d’Honneur. Mais 11 heures de représentations d’affilée à 50 € la place par tête de pipe en pleine crise financière cela laisse perplexe ! Quel formidable acte de théâtre populaire. Quatre amis qui voudront voir ce spectacle devront débourser 200 € et cela sans compter la restauration… De la folie.
Un grande curiosité est suscitée par les spectacles que présenteront Amos Gitaï et Christophe Honoré. Nous nous laisserons donc volontiers tenter par l’expérience que propose ces deux cinéastes même si cela reflète l’état de vide sidéral dans lequel se trouve la création théâtrale aujourd’hui.
Nous reverrons Pipo Delbono dans les rues d’Avignon cet année. Même si le personnage est éminemment sympathique, ces spectacles sont une éternelle répétition sur des modes et des variations différentes. Un spectacle à voir pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de croiser l’univers de Pipo.
Quelques artistes libanais feront également découvrir leurs créations et pour le coup cela vaut vraiment la peine de s’orienter vers les spectacles de ces gens-là car au moins la découverte sera totale et peut-être leurs visions revigorantes.
Beaucoup de danse à l’affiche et cela ne fait pas de mal car souvent il est moins difficile de s’infliger des heures d’ennuis quand la musique vous berce un peu. Mais enfin cela dépend bien évidemment de la musique qui est diffusé pendant la représentation car depuis longtemps au Festival la musique n’adoucit plus les mœurs.
Je continue ma lecture du programme et vous fait partager mes impressions dans une prochaine chronique avant le début du Festival.
Dimitri Heredia